Lépisme (poisson d’argent)

Le lépisme, plus connu sous le nom de poisson d’argent, est un insecte commensal fréquemment observé dans les bâtiments, en particulier dans les pièces humides telles que les salles de bain, cuisines, sanitaires ou locaux techniques. Discret, nocturne et rapide, il passe souvent inaperçu pendant longtemps, ce qui explique sa présence durable dans certains environnements professionnels et résidentiels.

Bien qu’il ne représente pas de risque sanitaire direct pour l’homme, le lépisme est un indicateur fiable de déséquilibres environnementaux, notamment liés à l’humidité, à la ventilation ou à l’état du bâti. Certaines espèces sont plus nuisibles et peuvent provoquer des dégradations matérielles, en particulier sur les papiers, livres, archives ou emballages. 
Cette fiche bestiaire vous permettra une identification fiable du lépisme afin de vous orienter vers une stratégie de désinsectisation professionnelle adaptée et durable en milieu professionnel.

Ce que vous découvrirez

Qu’est-ce qu’un lépisme (poisson d’argent) ?

Le lépisme, communément appelé poisson d’argent, est un insecte commensal primitif, appartenant à l’ordre des Zygentomes. Contrairement à de nombreux insectes nuisibles, il est aptère (dépourvu d’ailes) et se caractérise par une grande discrétion et une activité essentiellement nocturne.

L’espèce la plus couramment rencontrée est le poisson d’argent (Lepisma saccharina), reconnaissable à sa couleur argentée, sa forme allongée et ses déplacements rapides et ondulants. Il mesure généralement 1 à 1,5 cm à l’état adulte.

Les principaux types de lépismes rencontrés

Le poisson d’argent (Lepisma saccharina)

Le poisson d’argent est l’espèce la plus fréquente dans les habitations et bâtiments professionnels.

  • Couleur : argentée
  • Taille : 1 à 1,5 cm
  • Insecte omnivore : il ne se nourrit pas uniquement de substances sucrées
  • Capacité à rester plusieurs mois sans se nourrir
  • Cycle de développement : 3 à 4 mois

Il fréquente préférentiellement les pièces humides telles que :

  • toilettes,
  • salles de bain,
  • cuisines,
  • locaux techniques humides.

Il se réfugie volontiers sous les plinthes, derrière le mobilier, dans les fissures et interstices, à l’abri de la lumière.

👉 Il est peu nuisible sur le plan sanitaire, mais peut provoquer des dégradations sur les papiers, livres anciens et archives.

Le lépisme doré des fours (Thermobia domestica)

Le lépisme doré, parfois appelé poisson d’argent des fours, présente une biologie proche de Lepisma saccharina, mais avec des exigences environnementales différentes.

  • Couleur : dorée
  • Affinité marquée pour les zones chaudes et humides
  • Présence fréquente à proximité :
    • fours,
    • chaufferies,
    • cuisines professionnelles,
    • installations techniques.

Si aucune action n’est mise en place, le lépisme doré peut :

  • s’installer durablement,
  • et s’attaquer à des denrées alimentaires saines, notamment dans les environnements professionnels.

👉 Cette espèce est donc plus problématique en milieu industriel ou de restauration que le poisson d’argent classique.

Vous observez un insecte argenté dans vos locaux ?

Le lépisme est souvent confondu avec d’autres insectes rampants (blattes juvéniles, thermobies), ce qui peut conduire à des actions inadaptées. Une identification fiable est indispensable pour comprendre l’origine du problème et choisir la réponse appropriée.

Techsanit met à disposition des professionnels un outil d’identification des insectes commensaux, permettant de confirmer rapidement la présence de lépismes et d’orienter vers une stratégie adaptée.

Cycle de vie du lépisme

Le lépisme présente un cycle de vie lent et discret, très différent de celui des insectes à métamorphose complète. Cette particularité explique la persistance des infestations dans le temps et la difficulté à les éradiquer sans action ciblée sur l’environnement.

Un développement à métamorphose incomplète

Contrairement aux mouches ou aux mites, le lépisme ne connaît pas de stade nymphal. Son développement se fait par métamorphose incomplète :

  • œuf
  • juvénile (ressemble déjà à l’adulte, mais plus petit)
  • adulte

Les juvéniles effectuent plusieurs mues successives avant d’atteindre leur taille définitive.

Durée et conditions de développement

  • Durée de développement : environ 3 à 4 mois dans des conditions favorables
  • Température optimale : tempérée à chaude, avec préférence pour les environnements humides
  • Activité principalement nocturne et lucifuge
  • Longévité élevée : un lépisme peut vivre plusieurs années

Le lépisme est capable de survivre plusieurs mois sans se nourrir, ce qui lui permet de persister même en cas de nettoyage ou de raréfaction temporaire des ressources alimentaires.

Les causes de la présence de lépismes

La présence de lépismes dans un bâtiment n’est jamais liée au hasard. Elle est le plus souvent le résultat de conditions environnementales favorables, combinées à la disponibilité de ressources alimentaires et de zones de refuge. Leur apparition doit être considérée comme un signal d’alerte sur l’état du bâti.

Humidité et défauts environnementaux

Le lépisme est fortement attiré par les milieux humides et peu ventilés. Les causes les plus fréquentes sont :

  • taux d’humidité élevé dans certaines pièces ;
  • condensation persistante ;
  • fuites d’eau, infiltrations ou remontées capillaires ;
  • ventilation insuffisante ou inexistante ;
  • locaux techniques, sanitaires ou sous-sols mal aérés.

👉 Sans correction de ces facteurs, toute action ponctuelle reste inefficace sur le long terme.

Présence de sources alimentaires

Le lépisme est omnivore et exploite de nombreuses sources souvent insoupçonnées :

  • amidon et sucres présents dans :
    • papiers,
    • cartons,
    • livres,
    • archives ;
  • colles, papiers peints, reliures ;
  • textiles naturels (coton, lin, soie) ;
  • débris organiques, poussières, cheveux.

Même en faible quantité, ces ressources suffisent à maintenir une population active.

Zones de refuge et défauts du bâti

Les lépismes recherchent des abris étroits, sombres et calmes, favorisant leur discrétion :

  • plinthes décollées ou creuses ;
  • fissures et interstices ;
  • arrières de meubles ;
  • gaines techniques ;
  • locaux peu fréquentés.

Ces zones rendent la détection difficile et favorisent la persistance des infestations.

Dangers des lépismes

Le lépisme n’est pas considéré comme un insecte dangereux sur le plan sanitaire. En revanche, sa présence peut entraîner des dangers indirects, principalement matériels, fonctionnels et professionnels, qui justifient une prise en compte sérieuse en milieu bâti.

Absence de danger sanitaire direct

Sur le plan sanitaire, le lépisme présente peu de risques :

  • il ne pique pas ;
  • il ne mord pas ;
  • il ne transmet pas de maladies ;
  • il n’est pas vecteur de pathogènes connus.

👉 Il ne constitue donc pas un danger direct pour la santé humaine.

Dangers matériels et patrimoniaux

Les principaux dangers liés aux lépismes sont matériels, notamment dans les environnements professionnels sensibles :

  • dégradation des papiers (livres, archives, documents administratifs) ;
  • détérioration des cartons et emballages ;
  • atteinte aux reliures, colles, papiers peints riches en amidon ;
  • dommages sur certains textiles naturels.

Ces dégradations sont souvent progressives et discrètes, mais peuvent devenir significatives sur le long terme.

Dangers professionnels et d’image

En milieu professionnel, la présence de lépismes peut entraîner :

  • une dégradation de l’image des locaux (bureaux, hôtels, ERP, archives, bibliothèques) ;
  • des réclamations de clients, occupants ou usagers ;
  • une perte de confiance dans la qualité de l’environnement intérieur ;
  • une alerte sur des problèmes structurels (humidité, ventilation défaillante).

👉 Le lépisme agit souvent comme un indicateur d’un déséquilibre du bâtiment, plus que comme une nuisance isolée.